Les accusations de corruption et de harcèlement sexuel autour du test d’admission à la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) en République Démocratique du Congo (RDC) soulèvent de graves préoccupations quant à l’intégrité du système éducatif. Des témoignages récents, qui s’ajoutent à un contexte de défis récurrents dans l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) congolais, exigent une enquête approfondie de la part de l’État pour garantir l’équité et la moralité de l’accès à une profession aussi vitale que la médecine.
Des allégations choquantes révélant un malaise profond
Les cas dénoncés mettent en lumière deux pratiques particulièrement honteuses. D’une part, le monnayage de l’admission : des candidats ayant échoué au concours se voient proposer, moyennant une somme d’argent (100 dollars américains est le montant évoqué dans un cas récent), d’être inscrits malgré tout. Cette pratique, si elle est avérée, non seulement lèse les étudiants méritants, mais elle menace également la qualité de la formation en permettant à des profils non qualifiés d’accéder aux études de médecine.
D’autre part, la dénonciation d’une tentative de harcèlement sexuel est encore plus troublante. Une candidate ayant échoué aurait été approchée par un individu lui proposant son admission en échange de faveurs sexuelles, avec demande de preuves photographiques. Heureusement, la jeune fille a refusé catégoriquement et dénoncé ces avances immorales. Cet acte, qui instrumentalise la détresse et l’ambition des jeunes femmes, est une violation grave des droits humains et des règlements universitaires.
Ces révélations ne sont pas isolées. Le secteur de l’ESU en RDC a déjà été secoué par des scandales de marchandisation des grades académiques et des efforts ont été entrepris par le ministère de tutelle pour assainir le milieu, notamment en fermant des facultés de médecine jugées non viables. Cependant, l’apparition de telles pratiques au sein de l’UNIKIN, l’une des institutions phares du pays, montre que le mal est profond et nécessite une réponse ferme et systémique.
L’impératif d’une enquête nationale
La nécessité d’une enquête n’est pas seulement une question de justice pour les victimes, c’est une question de santé publique et de confiance dans les institutions. Former des médecins compétents et éthiques est fondamental pour l’avenir de la RDC. Permettre à la corruption et au harcèlement de dicter l’accès à cette profession compromet gravement cet objectif.
L’État congolais, interpellé ici notamment par la voix de l’Honorable D’Jessy M’boma, a le devoir d’établir la vérité, d’identifier les auteurs de ces pratiques honteuses, qu’ils soient membres de l’administration, du corps professoral ou des intermédiaires, et de les sanctionner exemplairement. Les règlements internes de l’UNIKIN prévoient des procédures pour les cas de fraude et de faute lourde, y compris pour le harcèlement sexuel. Ces procédures doivent être activées sans délai et en toute transparence.
Un appel à l’action et à la vigilance
Au-delà des sanctions, il est crucial d’instaurer des mécanismes de surveillance plus rigoureux des processus d’admission et de créer des canaux de dénonciation sécurisés pour les étudiants. La peur des représailles est souvent le principal obstacle au signalement de la corruption et du harcèlement.
Pour le bien de son système éducatif et de sa jeunesse, la RDC doit s’attaquer de front à ces dérives. L’accès à l’excellence académique doit reposer uniquement sur le mérite et l’intégrité, et non sur le portefeuille ou l’exploitation. La communauté nationale et internationale observe.
Share this content:







