Cinéma Africain 2025 : Qui sont les véritables champions du continent ?
L’industrie cinématographique africaine ne se résume plus à de simples statistiques de production. En 2025, une ligne de fracture constructive se dessine entre les nations qui misent sur la quantité pour inonder le marché et celles qui privilégient la sophistication technique pour conquérir les festivals internationaux. Entre le “volume” nigérian et la “qualité” sud-africaine ou sénégalaise, voici l’état des lieux d’un secteur qui pèse désormais plus de 5 milliards de dollars.
Le volume : Le règne incontesté de Nollywood
Le Nigeria demeure le moteur thermique du continent. Avec environ 2 600 films produits chaque année, Nollywood se maintient au rang de deuxième producteur mondial en volume, juste derrière l’Inde. Cette force de frappe repose sur un modèle économique de flux : des productions rapides, à budgets maîtrisés, destinées principalement aux plateformes numériques et au marché local.
D’autres pays suivent cette stratégie de masse pour répondre à une demande croissante en contenus locaux :
- Ghana (Ghallywood) : Environ 600 films/an, misant sur des récits proches du quotidien.
- Kenya et Tanzanie (Swahiliwood) : Avec 500 productions annuelles chacun, ils dominent l’Afrique de l’Est grâce à des séries et films en swahili très populaires sur les plateformes comme Netflix.
La qualité : L’excellence technique et d’auteur
Si le volume impressionne, la “qualité” (mesurée par les standards techniques, les budgets de production et la reconnaissance critique) est portée par d’autres leaders.
L’Afrique du Sud reste la référence absolue. Bien que sa production annuelle soit numériquement inférieure à celle du Nigeria (environ 100 films), le pays dispose des meilleures infrastructures. C’est ici que se tournent les blockbusters nécessitant des effets spéciaux sophistiqués. En 2025, le pays continue de dominer le box-office en termes de revenus grâce à un réseau de plus de 660 écrans.
En Afrique francophone, le Sénégal et le Burkina Faso brillent par leur cinéma d’auteur. Des œuvres comme celles de Mati Diop ou d’Alain Gomis continuent de placer ces nations au sommet des palmarès à Cannes ou Berlin. Leur modèle repose sur des coproductions internationales garantissant un niveau d’exigence technique élevé, bien que le volume reste modeste (10 à 20 films majeurs par an).
Un débat de modèles : Quantité vs Qualité
Le débat divise les experts : faut-il produire beaucoup pour occuper le terrain face à Hollywood, ou produire mieux pour exporter ? En 2025, la tendance est à la convergence. Le Nigeria “monte en gamme” avec des budgets dépassant désormais le million de dollars pour certains films, tandis que l’Afrique du Sud cherche à démocratiser ses productions pour toucher les classes populaires.
L’UNESCO estime que si les pays africains parviennent à structurer leurs commissions du film (seuls 44 % en possèdent une), le potentiel de revenus pourrait quadrupler pour atteindre 20 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie.
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