Lubumbashi : Le Paradox Film Festival 2026, laboratoire d’un nouveau cinéma de genre congolais
Du 4 au 9 mai 2026, la ville de Lubumbashi se transforme en épicentre du cinéma expérimental et de genre à l’occasion de la deuxième édition du Paradox Film Festival. Au-delà des projections internationales, cette édition met en lumière les résultats d’un incubateur de talents locaux : le Paradox Lab. Ce programme de développement a permis l’émergence de récits audacieux, ancrés dans l’imaginaire collectif congolais tout en explorant des codes cinématographiques universels tels que l’horreur, la dystopie et le thriller psychologique.
L’émergence d’une esthétique du mystère
Parmi les œuvres les plus attendues, issues des binômes de création du Lab, figure La Boîte Inconnue. Ce film, réalisé par Aldinhom et Aboubakar, utilise le huis clos d’un lieu isolé pour explorer la psychologie humaine face à l’inexplicable. Le récit suit cinq amis dont le séjour bascule lors d’une découverte enfouie, posant la question de la survie face à l’invisible.
Dans une veine plus spirituelle, Usiku wa Giza, porté par Kantu Immaculée et Nestor Kongolo, traite des conséquences de la transgression. À travers l’histoire de Safi et d’un mystérieux pendentif dérobé dans un musée, le film navigue entre tension et spiritualité, illustrant la confrontation de deux sœurs avec une force obscure.
Entre mythes urbains et visions dystopiques
Le festival marque également un tournant dans la réappropriation des figures fantastiques locales. Avec Ilunga le Vampire, le réalisateur Kaoze, en binôme avec Bénédicte, propose une relecture du mythe du prédateur nocturne dans le cadre urbain de Lubumbashi. Le film dépasse le simple cadre de l’horreur pour proposer un suspense psychologique sur fond de vengeance et de secrets enfouis.
La dimension politique et sociale n’est pas en reste avec Makeda, œuvre de Ketsia et Arnaud RDM. Ce projet se distingue par son approche dystopique, mettant en scène le combat de Zuri contre un régime autoritaire dans une capitale imaginaire. Le film explore les thèmes de la liberté individuelle et du destin préfabriqué par le pouvoir.
Le poids du passé et la culpabilité
Enfin, le drame psychologique Lusanzu, réalisé par Costanza et Wassa, aborde la thématique de la rémanence du passé. Le récit se concentre sur le foyer de Zaina et Alias, hanté par le souvenir et les manifestations étranges liés à une ancienne compagne disparue.
Ces productions, programmées aux côtés de films comme Mami Wata ou Imani, témoignent de la vitalité d’une nouvelle garde cinématographique à Lubumbashi. En misant sur le cinéma de genre, le Paradox Film Festival 2026 ne se contente pas de divertir ; il documente les peurs, les espoirs et l’évolution esthétique d’une jeunesse créative en quête de nouvelles formes d’expression.

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