Votedefan 12102025 PCI

Au-delà des stéréotypes : comment l’Afrique transforme son patrimoine immatériel en levier d’avenir

Le patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’Afrique est un trésor vivant. Bien plus que de simples vestiges du passé, les traditions et expressions artistiques du continent – des danses ancestrales aux savoir-faire artisanaux séculaires – sont de puissants vecteurs d’identité et des leviers d’innovation. Pourtant, ce legs inestimable est menacé par la disparition des rites, le manque crucial de documentation et un besoin de reconnaissance institutionnelle forte.

La Tradition, Moteur d’Innovation et de Développement

L’initiative de l’UNESCO, matérialisée par la Journée internationale du PCI (dont la 2e édition aura lieu le 17 octobre 2025), a mis en lumière l’engagement des nations africaines signataires de la Convention de 2003. L’objectif est clair : démontrer que la culture est une source de valeur ajoutée.

De nombreux pays transforment cet engagement en actions concrètes :

  • Au Bénin, les spectaculaires Vodun Days attirent des centaines de milliers de participants (plus de 435 000 en janvier 2025). L’événement, autour des danses des Egungun et du Fâ (divination), cherche à améliorer la compréhension du culte Vodoun, souvent perçu à tort comme de la magie noire, en le replaçant comme un pôle mondial de civilisation.
  • Au Sénégal, le Musée des civilisations noires de Dakar organise des ateliers pour impliquer les communautés autour des danses rituelles et des instruments traditionnels.
  • Au Maroc, Fès a mis l’accent sur l’artisanat, valorisant la fabrication de zelliges et la pratique du henné comme expression culturelle transmise aux étudiants et aux visiteurs.

L’Artisanat, Pont entre Hier et Aujourd’hui

L’art et l’artisanat sont le cœur battant du PCI africain. Le tissage du pagne Faso Danfani au Burkina Faso, la poterie en Côte d’Ivoire ou la sériciculture en Éthiopie ne sont pas de simples techniques. Ce sont des connaissances antiques, transmises de génération en génération, qui forment l’identité sociale et stimulent l’innovation culturelle.

Le défi actuel réside dans la transmission intergénérationnelle et la documentation de ces pratiques face à la modernité. En soutenant ces initiatives, les États africains s’assurent que leur histoire ne soit pas oubliée, mais qu’elle serve de fondation dynamique pour l’avenir.

Share this content:

Laisser un commentaire

Panier