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Cinéma Sénégalais : Le Succès d’Angèle Diabang face à l’Urgence d’une Révolution Économique

Le cinéma sénégalais brille, mais ses artisans souffrent. C’est le paradoxe mis en lumière par la réalisatrice et productrice Angèle Diabang lors d’une projection spéciale de son film acclamé, « Une si longue lettre », l’adaptation du classique de Mariama Bâ qui a d’ailleurs éclipsé les blockbusters hollywoodiens au box-office local. Un succès phénoménal qui, paradoxalement, révèle la grande fragilité économique de l’industrie.

L’alerte : Quand la Passion ne Paie Plus

Devant le Ministre de la Culture Amadou Ba, Angèle Diabang a lancé un appel vibrant : « Un cinéma qui ne nourrit pas ceux qui le font ne peut pas perdurer. » Elle met le doigt sur un modèle obsolète où, malgré l’enthousiasme du public et les sacrifices des créateurs, les bénéfices ne suivent pas.

Le constat est frappant : sur un ticket de cinéma à 5 000 francs CFA, la part qui revient au producteur africain, après le partage entre six partenaires, est infime. Ce déséquilibre structurel est la conséquence directe des coûts d’exploitation élevés, d’une distribution précaire et de marges bénéficiaires dérisoires. Comme de nombreux autres producteurs, Diabang réalise ses projets avec une passion immense, souvent synonyme de dettes et de paris risqués.

Un Plaidoyer pour l’Industrie

Pour la réalisatrice, le cinéma est plus qu’un simple art ; il est une industrie, un vecteur d’emploi et un véritable acte d’avenir. Elle propose une solution concrète et immédiate : la réduction des taxes sur les sorties en salle. Non pas la gratuité, mais un allègement fiscal qui permettrait enfin de générer de véritables recettes pour les producteurs sénégalais.

Ce plaidoyer ne fut pas vain. Le ministre Amadou Ba a reconnu la « nécessité de repenser le modèle de financement pour le cinéma africain », assurant que les difficultés évoquées par la cinéaste seraient prises en compte. Il a promis la mobilisation des plus hautes autorités pour doter le secteur d’un cadre juridique sécurisant et d’un financement plus accessible.

Le succès populaire de « Une si longue lettre » est salué comme une œuvre fondatrice pour le renouveau du cinéma sénégalais. Reste désormais à traduire cet élan culturel en une véritable prospérité économique pour ses artisans.

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