Votedean 21062025 Aboubacar Demba Cissokho

Le Maroc, Moteur du Cinéma Africain : L’Analyse d’Aboubacar Demba Cissokho

Le Maroc s’affirme de plus en plus comme un pilier incontournable de l’industrie cinématographique africaine. C’est ce qu’a affirmé avec force le journaliste et critique de cinéma sénégalais, Aboubacar Demba Cissokho, lors d’un entretien avec la MAP en marge de la 16e édition du FIDADOC. Selon ce spécialiste reconnu des cinémas du continent, le Royaume a connu une ascension fulgurante en seulement deux décennies, devenant un acteur majeur tant en matière de production que de coopération.

Une Croissance Spectaculaire de la Production

Aboubacar Demba Cissokho met en lumière une transformation impressionnante de la production cinématographique marocaine. “Au début des années 2000, le pays produisait à peine trois longs-métrages par an. Aujourd’hui, on en compte entre 20 et 25, sans parler des dizaines de courts-métrages et de documentaires”, a-t-il souligné. Cette augmentation exponentielle témoigne d’une volonté politique et d’un investissement significatif dans le secteur, plaçant le Maroc parmi les locomotives du 7ème art sur le continent.

Cette dynamique s’observe également par une présence accrue et active du Maroc dans les grands festivals africains, tel que le FESPACO. Le Royaume ne se contente pas d’y présenter ses films ; il y joue un rôle de soutien “logistique, politique et symbolique constant”, démontrant ainsi son engagement profond envers le développement du cinéma africain dans son ensemble.

Le Cinéma au Cœur de la Coopération Sud-Sud

Pour le critique sénégalais, l’implication du Maroc dans le cinéma africain s’inscrit dans le prolongement naturel des “initiatives Royales” en faveur de la coopération Sud-Sud. Le cinéma n’est plus seulement un art, mais un véritable outil d’intégration dans cette dynamique géopolitique et culturelle. Il permet de tisser des liens solides et de renforcer les échanges entre les nations africaines.

Aboubacar Demba Cissokho insiste particulièrement sur l’importance stratégique de la coproduction interafricaine. Selon lui, ce modèle est la clé de l’avenir pour la circulation des œuvres, leur financement et leur visibilité. “Si un producteur marocain coproduit un film sénégalais ou malien, il aura naturellement intérêt à le faire exister aussi dans son pays. La coproduction permet de mutualiser les ressources, de partager les regards et de créer un vrai maillage panafricain”, a-t-il affirmé. Cette mutualisation des moyens et des regards est essentielle pour produire des œuvres plus ambitieuses et assurer leur distribution au-delà des frontières nationales.

L’Émergence d’une Nouvelle Vague Documentaire et la Solidarité Continentale

Concernant l’évolution du documentaire, Aboubacar Demba Cissokho salue l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes africains. Ces réalisateurs sont “très ancrés dans le réel, la mémoire, les archives, les luttes sociales ou encore les enjeux culturels contemporains”, offrant des récits puissants et pertinents qui résonnent avec les préoccupations actuelles du continent.

En conclusion, le critique sénégalais est catégorique : l’avenir du 7ème art africain réside dans la solidarité, la mise en réseau des institutions, le partage des moyens de production et une collaboration étroite entre critiques, réalisateurs et décideurs. Le Maroc, par son dynamisme et son engagement, montre la voie vers un cinéma africain plus uni, plus fort et plus visible sur la scène mondiale.

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