Le cinéma africain francophone connaît un regain de vitalité, et la République du Congo (Brazzaville) ou la République Démocratique du Congo (Kinshasa) – bien que le flou demeure sur la nationalité exacte de la production, souvent mélangée sous l’étiquette “Cinéma Congolais” – semble tenir une nouvelle carte maîtresse avec l’arrivée de la série “CHEZ LES FEMMES” par Kany Production. Débutée fin novembre 2025, cette fiction, qui nous plonge au cœur d’un salon de coiffure vibrant, est rapidement devenue un sujet de conversation en ligne, attirant des milliers de vues pour ses premiers épisodes.
Le Salon : Miroir de la Société
L’originalité de “CHEZ LES FEMMES” réside dans son décor principal : un salon de coiffure. Ce choix n’est pas anodin. Dans de nombreuses cultures africaines, et particulièrement dans les centres urbains congolais, le salon est bien plus qu’un lieu de beauté. C’est un véritable sanctuaire social, un endroit où les femmes se confient, échangent les dernières nouvelles, débattent de leurs vies, de leurs amours, de leurs défis. C’est une micro-société où les masques tombent, révélant drames personnels, rivalités subtiles et amitiés inattendues. Kany Production semble avoir saisi cette essence pour créer une série qui se veut réaliste et profondément humaine.
Le Succès naissant et les Attentes
Les épisodes 1 et 2, mis en ligne fin 2025, cumulent déjà des milliers de vues, un indicateur d’un intérêt grandissant pour les productions locales de qualité. Le style de la série, étiqueté par certains comme relevant du “Nollywood Francophone”, cherche à allier la narration dynamique et parfois mélodramatique du cinéma nigérian avec l’authenticité et les nuances culturelles propres au Congo. Les thèmes abordés – ragots, secrets de famille, histoires de cœur, tensions entre coiffeuses et clientes – sont universels mais ancrés dans un contexte local spécifique, ce qui en fait sa force.
Le Débat sur la Représentation et la Qualité
Toute nouvelle production d’envergure suscite inévitablement des débats. D’un côté, les spectateurs et les promoteurs célèbrent l’initiative de Kany Production comme un pas en avant pour l’industrie cinématographique congolaise, saluant le talent des actrices et l’humour qui s’en dégage. Le soutien au “cinéma congolais 🇨🇬✨” est un appel clair à la valorisation des œuvres nationales.
De l’autre côté, l’étiquette “Nollywood Francophone” peut parfois être perçue avec scepticisme par les puristes, craignant une perte d’identité artistique au profit d’une formule plus commerciale. Il faudra observer si, au-delà des scènes pleines de rebondissements et des “fous rires incontrôlables”, la série parvient à aborder les thèmes sociaux avec la profondeur et la nuance nécessaires pour s’établir comme une œuvre durable. Le défi est de taille : maintenir l’équilibre entre le divertissement populaire et une exploration significative des tenants et aboutissants de la vie des femmes dans la société contemporaine congolaise.
En conclusion, “CHEZ LES FEMMES” est plus qu’une simple série ; c’est un phénomène social en devenir. Elle rappelle que le cinéma et les séries africaines, lorsqu’elles sont bien produites et touchent à la réalité quotidienne, ont le pouvoir non seulement de divertir, mais aussi de fédérer et de stimuler un débat essentiel sur la place et les expériences des femmes. Le salon de coiffure est prêt, et le public attend avec impatience de voir si Kany Production réussira à transformer ce lieu intime en une scène de portée mondiale.
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