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Les tarifs de 100 % de Trump sonnent-ils la fin du cinéma étranger aux États-Unis?

L’avenir du cinéma mondial est suspendu à un seul mot, répété récemment sur Truth Social par Donald Trump : 100 %. L’ancien président a réitéré son intention d’imposer des droits de douane massifs sur « tous les films produits hors des États-Unis », affirmant que l’industrie américaine a été purement et simplement « dérobée » par des pays tiers.

Cette mesure protectionniste radicale, dont l’échéance reste mystérieuse, arrive dans un contexte de crise profonde. Hollywood tourne au ralenti, ayant atteint un creux historique dans le nombre de jours de tournage à Los Angeles en 2024. La cause principale n’est pas tant une fuite des talents que la concurrence féroce des subventions étrangères. Des pays comme le Royaume-Uni, la France ou la Hongrie attirent désormais les mégaproductions grâce à des incitations fiscales plus avantageuses, transformant le paysage audiovisuel en une guerre d’avantages financiers.

Une riposte locale contre la menace fédérale

Face à cette « menace Trump » et au déclin constant, l’industrie et les politiciens américains ont choisi leur propre stratégie. Les studios et les syndicats ont accueilli l’idée des tarifs froidement, préférant nettement les incitations fiscales domestiques au protectionnisme pur.

En réponse, le Congrès de Californie a récemment approuvé le doublement des crédits d’impôt pour la production cinématographique et télévisuelle, portant son budget annuel à 750 millions de dollars. Une démarche saluée par le gouverneur Gavin Newsom, prêt à collaborer avec M. Trump pour un plan fédéral de 7,5 milliards de dollars en crédits d’impôt. L’idée : se battre contre la concurrence mondiale avec des incitations, pas seulement des barrières.

Des ondes de choc au-delà des frontières

Mais qu’est-ce qu’un « film produit à l’étranger » à l’ère des co-productions mondialisées, où le tournage se fait au Canada, les effets spéciaux en Nouvelle-Zélande et le montage à Los Angeles ? Cette complexité logistique soulève une immense incertitude. Au Québec, par exemple, cette menace a déjà des conséquences concrètes, avec une baisse rapportée de 21 % des productions américaines, plongeant les techniciens locaux dans l’incertitude.

Ce bras de fer protectionniste s’étend d’ailleurs au-delà du cinéma, puisque Donald Trump a également exprimé sa volonté de taxer les meubles fabriqués à l’étranger, signalant une offensive commerciale plus large visant à ramener la production manufacturière aux États-Unis.

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