Une étoffe ancrée dans l’histoire congolaise
Le pagne, mot d’origine latine désignant un morceau de tissu, est devenu en RDC bien plus qu’un simple vêtement. Dès l’époque coloniale, les autorités belges imposaient son usage aux femmes pour couvrir leur nudité. Sous Mobutu, le pagne est devenu un symbole d’authenticité zaïroise, promu comme vêtement national. Les pagnes frappés à l’effigie de leaders politiques étaient distribués lors de manifestations, incarnant un instrument de communication et de propagande.
Témoignage d’une identité culturelle
Selon Edwige Mayaka, au ministère du Genre, le pagne est un marqueur culturel essentiel, liant générations et communautés. Ces pièces colorées reflètent la fierté congolaise : portées lors des mariages, funérailles, baptêmes ou à la Journée internationale des droits de la femme . Le pagne sert aussi à véhiculer des messages (proverbes, slogans politiques) par le biais de motifs spécifiques.
Un support économique fort
Le pagne wax (tissu imprimé de qualité) est produit et commercialisé par un écosystème d’artisans. Cotonnier, imprimeur, tailleur, commerçante : toutes participent à une chaîne générant des emplois, notamment pour les femmes . Le commerce local côtoie une concurrence féroce des fripes venues d’Occident, mais les consommateurs congolais continuent de privilégier l’artisanat local .
Une mode en mutation
Aujourd’hui, le pagne reste omni‑présent, tout en s’adaptant aux tendances. Les tailleurs conçoivent robes, chemises, pantalons à partir de pagne, répondant aux codes modernes . À Kinshasa, certains jeunes le préfèrent au pantalon traditionnel, valorisant l’élégance et l’identité culturelle.
Arts, cérémonies et résistance
Des manifestations modernes célèbrent le pagne, comme le défilé à la Fondation Cartier à Paris. Yekima De Bel Art met aussi en scène cette étoffe dans ses créations artistiques pour revendiquer une identité culturelle forte .
Par ailleurs, des tissus prestigieux comme le « velours du Kasaï » témoignent d’un savoir-faire ancestral : tissés en raphia, brodés à la main, portés par les élites kubas, ils symbolisent pouvoir et mystère.
Le pagne congolais est bien plus qu’un accessoire vestimentaire : c’est un patrimoine historique, culturel, économique et identitaire. De l’abacost zaïrois aux robes contemporaines en wax, il traverse les époques, parle pour ceux qui le portent et incarne une fierté nationale à préserver.
Share this content:







