Votedefan 02112025 Marabout

L’Ombre de la Confiance Numérique : Quand un Marabout Abusait de son Ami à Abidjan

Le Scénario de la Confiance Brisée : Un Marabout Vicieux Arrêté à Abidjan

L’affaire fait grand bruit à Abidjan et au-delà, mettant en lumière la vulnérabilité de nos données personnelles, même face à nos proches. La Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) de Côte d’Ivoire a récemment interpellé un individu, identifié sous les initiales S. L., marabout de profession, pour une série d’actes d’escroquerie et de chantage d’une bassesse insoupçonnée. La victime ? Son propre ami et confrère, T. A., un commerçant qui officie également comme enseignant coranique.

Ce fait divers, relayé par l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP), dépasse la simple escroquerie. Il incarne une trahison odieuse, perpétrée dans la sphère du privé et de la confiance mutuelle. L’engrenage criminel a été déclenché par un geste de simple amitié et de détresse technique. T. A., dont le téléphone portable était défaillant, s’est tourné vers S. L. pour une aide. C’est là que le piège s’est refermé. Après avoir prétendu que seule la carte SIM était endommagée, S. L. a pu subtiliser les informations nécessaires à ses desseins malveillants, plongeant son ami dans un double cauchemar.

Double Peine : Fraude Monétaire et Chantage Sexuel

En l’espace de quelques jours, T. A. a découvert que son compte Mobile Money avait été vidé de la somme colossale de 646 000 Francs CFA – un montant substantiel représentant une perte financière significative en Côte d’Ivoire. Comme si le vol ne suffisait pas, l’escroc a ensuite opéré un chantage machiavélique. La victime a reçu des messages menaçants, provenant d’un numéro inconnu, l’informant qu’une vidéo à caractère sexuel le concernant serait diffusée s’il osait porter plainte pour le vol d’argent.

Ce modus operandi révèle une facette particulièrement sombre de la cybercriminalité, où la manipulation et l’exploitation de la honte se conjuguent au vol pur et simple. En Afrique, et particulièrement dans des pays comme la Côte d’Ivoire où les services Mobile Money sont le pilier de l’économie informelle, la fraude électronique est un fléau grandissant. Cependant, cette affaire est glaçante par la rupture de confiance qu’elle induit : le criminel n’était pas un pirate distant, mais un ami et, socialement, une personne détentrice d’une certaine autorité spirituelle.

Une Victoire pour la PLCC et la Loi Ivoirienne

Heureusement, l’enquête menée par la PLCC – l’organisme technique de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) – a porté ses fruits. Grâce à une investigation numérique approfondie, la trace des opérations frauduleuses a pu être remontée jusqu’au téléphone et au compte Mobile Money de S. L. Confronté aux preuves irréfutables, le marabout a reconnu l’intégralité des faits.

Son arrestation et sa présentation au parquet démontrent la détermination des autorités ivoiriennes à appliquer strictement la Loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la cybercriminalité, qui encadre sévèrement les délits tels que la fraude sur porte-monnaie électronique et, de manière générale, les menaces par diffusion d’images à caractère sexuel.

Cet incident doit servir de sonnette d’alarme à l’échelle mondiale. Comme le rappelle la PLCC elle-même, la menace numérique ne se cache pas uniquement derrière l’anonymat d’Internet, mais peut émaner de personnes en qui nous avons placé notre plus grande confiance. Dans un monde hyper-connecté, la vigilance et la prudence dans le partage de nos outils numériques et de nos données personnelles sont devenues une nécessité absolue pour se prémunir contre la trahison, qu’elle soit amicale, professionnelle, ou même spirituelle.

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