Entretien exclusif avec Magellan Kahozi, réalisateur du film Kapinga Marie-Thérèse
À l’occasion du succès retentissant de son court-métrage Kapinga Marie-Thérèse, triple lauréat au Paradox Film Festival de Lubumbashi, VoteDeFan est allé à la rencontre de Magellan Kahozi, réalisateur passionné et engagé pour le cinéma congolais. Dans cet entretien, il revient sur la genèse du film, les difficultés rencontrées, l’accueil du public, et ses ambitions pour l’avenir.
VoteDeFan : Comment avez-vous vécu cette triple récompense ?
Magellan Kahozi : Ce fut une grande émotion. Pour moi, ces prix ne sont pas une finalité mais une étape. Ils me motivent à faire encore mieux. Je ne considère pas avoir atteint mes objectifs. Mon but ultime ? Contribuer à l’émergence du cinéma congolais dans le monde. Et pourquoi pas, un jour, remporter un Oscar pour la RDC.
Comment est née l’idée de Kapinga Marie-Thérèse ?
Elle est née d’une discussion avec mon ami Eben-ezer Ntambwe, metteur en scène. On voulait valoriser nos mythes et légendes congolaises. Très vite, l’histoire de Kapinga Marie-Thérèse s’est imposée. On a rédigé un synopsis, puis on a vu l’appel à candidatures du Paradox Film Festival. J’ai postulé, et j’ai été retenu pour suivre un atelier d’écriture animé par Moussa Touré. Cela nous a permis de développer un scénario complet.
Quel a été l’apport concret de l’atelier du Paradox Film Festival ?
L’atelier nous a appris à écrire des scénarios solides et universels. En plus, chaque projet sélectionné a reçu un financement pour la réalisation. C’était l’opportunité idéale pour concrétiser le film.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant la production ?
Beaucoup ! Le scénario initial prévoyait des éléments que nos moyens ne permettaient pas. Par exemple, on n’a pas eu l’autorisation de filmer dans une église catholique, donc on a construit un confessionnal sur mesure. Côté matériel, on a dû improviser. On voulait rémunérer les acteurs, mais on s’est limité à leur offrir le transport et de quoi manger. L’équipe a tout donné malgré ces contraintes.
Quelle a été la réaction du public ?
Franchement, j’ai été ému. Le public s’est totalement approprié le film. Ils y ont vu un reflet de leur vécu collectif, ce qui prouve que l’histoire racontée était profondément ancrée dans leur réalité. C’était beau.
Et maintenant, quelles sont vos perspectives ?
Je veux faire des films qui changent le regard porté sur la RDC et l’Afrique. Des œuvres qui valorisent notre culture, nos valeurs, nos histoires. Je rêve aussi d’inspirer les jeunes cinéastes congolais à raconter leurs propres récits avec fierté et ambition.
Un film, une légende, un message
Avec Kapinga Marie-Thérèse, Magellan Kahozi prouve qu’il est possible de créer un film percutant, ancré dans le patrimoine local, même avec peu de moyens. Ce film est plus qu’un court-métrage : c’est un acte de mémoire, un cri artistique, et un symbole d’espoir pour toute une génération de cinéastes congolais.
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