L’artiste Mariétou Thiam, originaire de Kaolack, est bien plus qu’une acrobate aérienne et contorsionniste : elle est une véritable pionnière. En tant que l’une des premières femmes artistes de cirque au Sénégal, et directrice générale de SensCirk, la première compagnie de cirque du pays, elle utilise son art pour défier les stéréotypes et promouvoir l’émancipation féminine. Son ambition est claire : se placer comme une véritable ambassadrice africaine de son art, en tissant un pont entre sa riche culture et le monde.
C’est dans cet esprit de transmission que Mariétou Thiam a posé ses valises cet été au Plus Petit Cirque du Monde (PPCM), à Bagneux (Hauts-de-Seine). Réputé pour son rôle de Centre Culturel de Rencontre et son engagement en faveur du cirque social, le PPCM était l’hôte idéal pour accueillir cette résidence internationale.
L’objectif de cette collaboration dépassait la simple performance technique. Il s’agissait d’une démarche sociale visant à inspirer la jeunesse locale, souvent éloignée des circuits culturels classiques. L’artiste a présenté un extrait de sa création solo, « Jar Jar », une œuvre d’une modernité radicale ancrée dans la culture africaine qui plonge dans le parcours tumultueux d’une femme artiste.
Devant des enfants captivés, elle s’est posée en éducatrice, partageant un détail culturel fort : le tissu auquel elle se suspendait est un « sëru rabeul », une étoffe sénégalaise portée lors des moments clés de la vie.
Cette approche de l’art en tant qu’outil social est au cœur de la mission de SensCirk, qui est également une école offrant un apprentissage et un sens de la communauté aux orphelins et aux enfants issus de milieux défavorisés à Dakar. À travers ses figures aériennes, Mariétou Thiam incarne un message puissant : le cirque est un moteur de transformation sociale et personnelle, prouvant que l’on peut véritablement s’émanciper par l’art, de Bagneux à Kaolack.
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