De la Page à l’Écran : Un Témoignage Intemporel
Le monde du cinéma célèbre un événement majeur : « Une si longue lettre », l’ouvrage emblématique de Mariama Bâ, publié en 1979, est enfin adapté sur grand écran. Quarante-six ans après sa parution qui a profondément marqué la littérature du XXe siècle, ce chef-d’œuvre prend vie grâce à la vision de la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang. Après douze années de persévérance face aux défis financiers et culturels, le film a été projeté en avant-première presse le 2 juillet à Dakar, et est officiellement sorti le 4 juillet 2025 au cinéma Pathé de Dakar, avec une diffusion prévue dans 15 pays africains via le réseau Canal Olympia.
Le roman de Mariama Bâ avait fait grand bruit à sa sortie, osant aborder des sujets comme la polygamie, la sororité et l’émancipation féminine à travers le prisme audacieux d’une femme. Des thèmes qui, comme le montre le film d’Angèle Diabang, résonnent toujours avec une acuité particulière dans la société sénégalaise et au-delà.
Ramatoulaye, Une Voix de Résilience
Au cœur du récit, Ramatoulaye, interprétée avec brio par Amélie Mbaye, choisit de se battre lorsque son mari prend une seconde épouse après vingt-cinq ans de mariage. « Elle était en avance sur son temps », confie Amélie Mbaye, décrivant la dignité de Ramatoulaye. « Oser en parler à cette période ! Mais elle savait comment le faire, même si parfois les mots étaient très durs… ». L’actrice ajoute que le film, tout en abordant la polygamie, est aussi une histoire d’amour, d’amitié, de pardon et de famille, un défi émotionnel pour l’incarner.
Aïssata Si, qui incarne Binetou, la seconde épouse, souligne la persistance des défis : « Aujourd’hui, la polygamie, la trahison sont toujours d’actualité mais on commence à gagner certains combats. Chaque jour est un combat ! »
Un Débat Toujours Actuel
L’adaptation cinématographique met en lumière que, malgré les avancées, les questions soulevées par Mariama Bâ demeurent pertinentes. La polygamie, bien que légalisée et présente au Sénégal, suscite toujours de vifs débats et des critiques, notamment sur son application et son impact sur les femmes. Le film d’Angèle Diabang offre une relecture contemporaine, prouvant que les réflexions sur la condition féminine, la modernité face à la tradition, l’éducation et la solidarité féminine sont plus que jamais nécessaires.
« Une si longue lettre » n’est pas qu’un film ; c’est un vibrant hommage aux femmes africaines, à leur résilience et à leur quête inlassable de justice et de liberté intérieure, confirmant que certaines lettres, si elles sont longues, traversent les époques pour continuer d’éclairer les consciences.
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