Dans la mémoire collective congolaise, un nom résonne avec tendresse et nostalgie : Mama Angebi. Figure emblématique de la RTNC, elle a bercé des générations avec ses contes éducatifs, ses chansons, et ses émissions ancrées dans l’âme du pays. À travers ce portrait humanisé, partons à la rencontre de celle qu’on appelait affectueusement la Reine des récits de notre enfance — et redécouvrons comment son parcours exceptionnel a façonné le paysage audiovisuel congolais.
Une enfance nourrie par l’oralité congolaise
“Avant même d’avoir un micro en main, j’avais déjà la voix de ma grand-mère dans le cœur.”
Née le 26 février 1929 à Léopoldville (actuelle Kinshasa), Marie-Josée Angebi grandit dans une cité populaire où chaque soir s’allumait à la chaleur des contes et des chants. Issue d’une famille modeste, elle apprend très tôt la puissance de la parole, la mémoire des chansons, et la sagesse transmise au coin du feu.
Son éducation à l’école Sainte Thérèse de Lisieux renforce son sens de la rigueur. Diplômée en section ménagère, elle ne se doute pas encore qu’elle deviendra l’une des toutes premières voix féminines de la radio congolaise.


Ses débuts remarqués à la Radio Congo Belge
En 1955, dans un contexte encore colonial, Marie-Josée intègre la Radio Congo Belge en tant que speakerine. Une prouesse à l’époque, quand les femmes dans les médias se comptaient sur les doigts d’une main.
Deux ans plus tard, elle est titularisée. Sa voix devient familière aux auditeurs congolais. À la fois chaleureuse, rassurante et rythmée par une diction précise, elle incarne rapidement une nouvelle manière de raconter, de présenter, de partager.
L’aventure de “Tango ya ba Wendo” et la naissance de Bakolo Miziki
Avec son amie Mama Kanzaku, elle crée en 1966 l’émission radiophonique culte “Tango ya ba Wendo”. Tous les dimanches, le public découvre ou redécouvre les légendes de la musique congolaise comme Wendo Kolosoy, Paul Kamba ou Adou Elenga.
Face au succès, l’émission migre à la télévision en 1973 sous le nom de “Bakolo Miziki”. Le décor ? Une reconstitution des bars dansants d’antan. L’émission devient une capsule temporelle précieuse, immortalisant les voix et visages des pionniers musicaux du pays.
Un héritage vivant et profondément ancré dans l’histoire du Congo
Plus qu’une animatrice, Mama Angebi fut passeuse de mémoire. À travers ses récits, elle a transmis des valeurs, fait vibrer des identités, et gravé dans l’histoire audiovisuelle congolaise un modèle de transmission culturelle unique.
Aujourd’hui encore, son nom est mentionné avec respect dans les écoles de journalisme, dans les studios de la RTNC, et dans les cœurs de ceux qu’elle a touchés.
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