Kinshasa : Mobilisation estudiantine massive au lancement de la campagne « La jeunesse parle constitution »
Kinshasa, le 15 mai 2026 – Les questions institutionnelles et l’avenir de la charte fondamentale continuent de mobiliser l’espace public en République Démocratique du Congo. Ce vendredi, le Centre culturel d’Afrique centrale, situé dans la commune de Kasa vubu, a servi de cadre au lancement officiel de la campagne citoyenne intitulée « La jeunesse parle constitution ». L’événement, caractérisé par une affluence particulièrement dense, a réuni un large parterre d’étudiants venus des différents établissements d’enseignement supérieur et universitaire de la capitale.
Un appel à l’engagement intellectuel et historique
La série des interventions a été ouverte par le mot d’accueil du bourgmestre de la commune de Kasa vubu, qui a salué le choix de sa juridiction pour abriter une initiative d’une telle portée civique.
À sa suite, le président national des étudiants de la RDC, Alex Bukasa, a pris la parole pour repositionner le rôle de la jeunesse dans l’évolution politique du pays. Dans son allocution, il a rappelé que la constitution ne saurait être réduite à un simple texte juridique, mais qu’elle possède un impact social direct sur le quotidien des citoyens. Faisant un parallèle historique, Alex Bukasa a souligné que l’indépendance de la RDC, proclamée le 30 juin 1960, avait été portée par une génération de jeunes leaders, avec en première ligne Patrice Émery Lumumba. Il a formulé un plaidoyer rigoureux pour que les autorités et les décideurs intègrent systématiquement une jeunesse intellectuelle et participative dans les grands débats d’orientation nationale.
Après ces allocutions politiques et corporatistes, une transition culturelle a été assurée par l’orchestre de l’Institut National des Arts (INA). Les musiciens ont interprété « Congo », une reprise du répertoire de l’illustre Rochereau Tabu Ley, offrant une respiration artistique saluée par l’assistance.

Débats doctrinaux et enjeux contemporains
L’initiateur et organisateur de l’événement, Serge Etinkum Anza, a ensuite formellement ouvert la phase des débats scientifiques. Deux professeurs d’université, invités pour l’occasion, ont exposé tour à tour leurs analyses techniques et doctrinales sur la structure constitutionnelle actuelle de la RDC. Cette tribune a été immédiatement suivie d’une séance de questions-réponses directe et dynamique avec les étudiants présents.
Sur le plan logistique, les organisateurs ont fait face à un afflux supérieur aux capacités d’accueil initiales de la salle du Centre culturel d’Afrique centrale. Le débordement constaté à l’intérieur comme aux abords du site a rendu complexe toute estimation chiffrée précise de la population globale ayant fait le déplacement, confirmant le vif intérêt de la communauté estudiantine pour cette thématique.
Cette campagne s’inscrit dans un contexte politique national précis. La question d’un changement ou d’une révision de la Constitution de 2006, qui régit le pays depuis deux décennies, demeure au centre de l’actualité en RDC. Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, s’étant précédemment exprimé en faveur d’une réflexion sur l’adaptation du texte fondamental, cette plateforme portée par Serge Etinkum Anza ouvre officiellement la phase de recueil des avis et propositions des jeunes kinois sur l’avenir des institutions du pays.
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