Hommage du sénateur Kunda Mutoki au philosophe Valentin-Yves Mudimbe

Le monde intellectuel africain est en deuil. Le 22 avril 2025, le philosophe congolais Valentin-Yves Mudimbe s’est éteint en Caroline du Nord, aux États-Unis, à l’âge de 83 ans. Le sénateur et professeur ordinaire Kunda Mutoki Christian lui a rendu un vibrant hommage, saluant son immense contribution à la pensée africaine et à l’Université de Lubumbashi.​

Une figure emblématique de la pensée africaine

Né le 8 décembre 1941 à Jadotville (aujourd’hui Likasi) en République démocratique du Congo, Valentin-Yves Mudimbe était un philosophe, écrivain et critique littéraire de renom. Il a enseigné dans plusieurs universités prestigieuses, dont l’Université de Lubumbashi, l’Université de Paris-Nanterre, Stanford, Haverford College et Duke University, où il occupait le poste de professeur de littérature comparée.

Son ouvrage le plus célèbre, L’Invention de l’Afrique, est considéré comme une référence incontournable dans les études postcoloniales. Dans ce livre, Mudimbe déconstruit les représentations occidentales de l’Afrique et plaide pour une relecture des savoirs africains à travers une perspective décolonisée.

L’hommage du sénateur Kunda Mutoki

Dans un message empreint d’émotion, le sénateur Kunda Mutoki a exprimé sa profonde gratitude envers Mudimbe :​

“Une école de pensée est amputée de sa colonne vertébrale. L’eau vient de couler sous le pont. Merci Mudimbe d’avoir inspiré longtemps les philologues romanistes de Lubumbashi. Merci d’avoir fait respecter le Département de Langue et Littérature Françaises de Lubumbashi. Merci d’avoir amené la Faculté des Lettres et Sciences Humaines dans le firmament. Merci d’avoir porté l’université de Lubumbashi. Paix éternelle à toi!”​

Il a également mentionné Julien Kilanga Musinde, disciple fidèle de Mudimbe, comme porteur de son héritage intellectuel.​

Un héritage intellectuel durable

Valentin-Yves Mudimbe laisse derrière lui une œuvre prolifique, comprenant des essais, des romans, des poèmes et de nombreux articles académiques. Son influence s’étend bien au-delà des frontières africaines, touchant des chercheurs et des étudiants du monde entier.​

Son décès marque la perte d’un “baobab” de la pensée africaine, mais son œuvre continue d’inspirer et de guider les générations futures dans la quête d’une compréhension authentique et décolonisée de l’Afrique.

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