Mohamed Lakhdar-Hamina, pionnier du cinéma algérien et unique lauréat africain de la Palme d’or, s’est éteint à 91 ans
Le monde du cinéma pleure la disparition de Mohamed Lakhdar-Hamina, figure emblématique du septième art algérien et africain. Décédé le 23 mai 2025 à Alger à l’âge de 91 ans, il reste à ce jour le seul réalisateur africain et arabe à avoir remporté la prestigieuse Palme d’or du Festival de Cannes, en 1975, pour son chef-d’œuvre Chronique des années de braise.
Un parcours marqué par l’engagement et la passion du cinéma
Né le 26 février 1934 à M’Sila, en Algérie, Mohamed Lakhdar-Hamina s’est engagé très tôt dans la lutte pour l’indépendance de son pays. Après des études en France et un passage par l’Académie du cinéma de Prague, il met son art au service de la cause algérienne, réalisant des documentaires et des films engagés.
En 1966, il réalise Le Vent des Aurès, qui lui vaut le prix de la première œuvre au Festival de Cannes en 1967. Ce film poignant raconte l’histoire d’une mère à la recherche de son fils disparu pendant la guerre d’indépendance.
Chronique des années de braise : une fresque historique inégalée
Son œuvre majeure, Chronique des années de braise, retrace en six chapitres l’histoire de l’Algérie de 1939 jusqu’au déclenchement de la guerre d’indépendance en 1954. Le film met en lumière les souffrances du peuple algérien sous la colonisation française et son cheminement vers la révolte.
Récompensé par la Palme d’or en 1975, ce film reste à ce jour l’unique œuvre africaine et arabe à avoir reçu cette distinction.
Un héritage cinématographique durable
Au-delà de ses réalisations, Mohamed Lakhdar-Hamina a contribué à structurer le cinéma algérien en créant l’Office des actualités algériennes (OAA) en 1963 et en dirigeant l’Office national pour le commerce et l’industrie cinématographique (ONCIC).
Son engagement et sa vision ont inspiré de nombreux cinéastes africains et arabes, faisant de lui une figure tutélaire du cinéma engagé.
Un hommage attendu
Alors que le Festival de Cannes 2025 dévoilait son palmarès le 24 mai, un jour après son décès, de nombreuses voix s’élèvent pour que l’œuvre de Mohamed Lakhdar-Hamina soit honorée à sa juste valeur. Une restauration en 4K de Chronique des années de braise et une rétrospective de ses films seraient des hommages mérités à ce géant du cinéma.
Mohamed Lakhdar-Hamina laisse derrière lui un héritage cinématographique riche et engagé, témoin de l’histoire et des luttes de l’Algérie. Son œuvre continue d’inspirer et de résonner bien au-delà des frontières.
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