Votedean 12062025 Straw

À Bout (Straw) : L’analyse tranchante de Cinthya Marifa

Une curiosité éveillée par le bruit, pas par l’intrigue

L’écrivaine et chroniqueuse Cinthya Marifa ne comptait pas regarder À Bout (titre original Straw). Ce sont les discussions en ligne, les statuts Facebook, les réactions dans son entourage, qui ont éveillé sa curiosité. « Si je ne l’avais pas trouvé sur Telegram, je ne l’aurais sûrement jamais vu », avoue-t-elle avec humour. Elle a volontairement attendu que l’effervescence s’essouffle, histoire de découvrir le film à tête reposée. Et ce qu’elle y a vu, ou plutôt ce qu’elle n’a pas vu, l’a profondément marquée.

Un film submergé par l’émotion, mais qui oublie de raconter

Ce qui frappe d’abord, selon Marifa, c’est que personne ne parle réellement du sujet du film. À Bout aurait pu être un film poignant, mais « on est noyé dans un trop plein d’émotions ». L’histoire, pourtant présente, se dilue. Le spectateur se laisse emporter sans jamais réellement comprendre ce que le réalisateur veut dire.

Elle écrit : « On oublie le message. On se laisse juste emporter par ce qu’on ressent, sans vraiment réfléchir à ce que le film veut dire. »

Le vrai sujet ? Le deuil et la santé mentale

Pour Marifa, c’est là que réside le cœur du film : le deuil. Contrairement à ce que certains pensent, la petite fille de Janiyah est déjà morte avant que le film ne commence. Ce qu’on voit à l’écran, c’est une femme qui vit dans le déni, incapable de faire face à la réalité de sa perte.

À travers le personnage de Janiyah, c’est la santé mentale qui est aussi mise en jeu. Le film aurait pu briser un tabou. Mais selon Marifa, il passe à côté : « Ce sujet n’est jamais vraiment abordé en profondeur. »

Une fin qui interroge

Certains spectateurs ont cru que Janiyah serait emprisonnée. Mais selon l’analyse de Marifa, ce n’est pas le cas : « Elle ira dans un hôpital de jour (chez les fous, si vous préférez) », écrit-elle, tout en insistant sur le fait que la société autour d’elle semble déjà consciente de sa détresse.

Et la foule qui s’énerve dehors ? Pour Marifa, elle incarne une masse ignorante, qui « râle sans savoir pourquoi exactement », un miroir de nos réactions collectives face à des sujets que l’on ne comprend pas.

Un film qui aurait pu être un chef-d’œuvre

En conclusion, Cinthya Marifa considère que si l’intention du réalisateur était de plonger le spectateur dans un tourbillon émotionnel sans logique, alors c’est réussi. Mais si ce n’était pas voulu, alors le film a raté l’occasion de marquer les esprits durablement.

Elle résume avec lucidité :
« Ce film aurait pu être un chef-d’œuvre. »

Share this content:

Laisser un commentaire

Panier