Le “Désastre Existentiel” : Comment le projet le plus attendu d’Hollywood s’est effondré
La nouvelle série dramatique juridique de Ryan Murphy, “All’s Fair”, s’annonçait comme l’événement télévisuel de l’année. Avec un casting féminin cinq étoiles comprenant l’icône de télé-réalité devenue productrice, Kim Kardashian, les légendes Glenn Close et Naomi Watts, et la muse de Murphy, Sarah Paulson, les attentes étaient stratosphériques. La promesse ? Un drame camp et clinquant sur un cabinet d’avocates spécialisées dans les divorces de l’élite de Los Angeles, un cocktail détonant de luxe, de trahison et de féminisme judiciaire.
Pourtant, quelques heures seulement après sa diffusion sur Hulu et Disney+, le verdict des critiques internationales est tombé, et il est brutal. La série a atteint le score redoutable de 0% sur Rotten Tomatoes, un désastre critique si total qu’il est devenu, paradoxalement, un événement médiatique.
L’Éléphant dans la Pièce : Le rôle de Kim Kardashian
Le débat fait rage, et au centre de l’ouragan se trouve l’interprétation de Kim Kardashian dans le rôle principal d’Allura Grant. Si son apparition remarquée dans American Horror Story: Delicate avait été saluée comme une surprise agréable, son rôle de tête d’affiche dans All’s Fair ne convainc pas la majorité des journalistes.
Des titres comme celui du Guardian parlent de la série comme étant “fascinante et existentiellement terrible”, ne pouvant être sauvée même par l’immense talent de Glenn Close et la présence de Naomi Watts. Pour beaucoup, la performance de Kardashian, bien qu’honnête, manque de l’étoffe et de la profondeur nécessaires pour ancrer le drame. Elle est décrite comme le “vide au centre de l’ouragan narratif”.
Ryan Murphy : Le Midas qui a perdu la touche ?
L’échec critique est d’autant plus retentissant que la série est signée Ryan Murphy, le créateur prolifique derrière des succès mondiaux comme Glee, Pose, American Horror Story et Dahmer. Murphy est un maître dans l’art du camp, ce style de “mauvais goût” élevé au rang d’art sophistiqué. Cependant, dans All’s Fair, de nombreux critiques estiment que la recette ne prend pas. L’écriture est jugée paresseuse, les dialogues sont qualifiés d’embarrassants et l’intrigue, censée dépeindre la lutte de pouvoir dans un milieu patriarcal, s’enlise dans un luxe sans âme et un chaos sans véritable enjeu émotionnel.
Le Contre-Discours : Solidarité et Dédicace en Coulisses
Il est crucial de noter le contrepoint apporté par le casting féminin lui-même. En marge de la critique féroce, des interviews révèlent une forte camaraderie sur le plateau. Naomi Watts et Glenn Close ont salué la dédication de Kim Kardashian, qui jonglait entre son rôle, sa production exécutive et ses études de droit. Close a même exprimé son admiration pour sa capacité à gérer une telle charge de travail. Cette perspective met en lumière la dimension humaine et l’ambition du projet, au-delà de sa réception médiatique chaotique. La série, avec un budget conséquent avoisinant les 12 millions de dollars par épisode, témoigne également d’une confiance de la part de Hulu et Disney+.
Un Phénomène Culturel, Malgré Tout ?
Malgré (ou peut-être à cause de) ce désastre critique, “All’s Fair” est d’ores et déjà un phénomène culturel. La curiosité mondiale suscitée par le choc des titans — le génie Murphy et l’icône Kardashian — face à un score historiquement bas, garantit une audience massive. Le débat n’est plus seulement sur la qualité de la série, mais sur la nature même de la célébrité, de l’art et du camp à Hollywood. Est-ce un échec artistique ou un coup de maître marketing transformant le “pire” en divertissement culte instantané ?
Les téléspectateurs, qui pourront se faire leur propre opinion via Disney+ à l’international, sont les seuls juges finaux de ce drame judiciaire qui, ironiquement, se retrouve lui-même au banc des accusés.
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