Climat des affaires en RDC : La Fédération des Entreprises du Congo exige des mesures d’urgence pour le transport routier
Les tensions structurelles entre le secteur privé et les autorités publiques franchissent un nouveau cap en République Démocratique du Congo. Lors d’une audience officielle, les représentants de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) ont formellement exposé leurs griefs au ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda. Cette démarche directe du principal syndicat patronal du pays vise à dénoncer les défaillances logistiques et financières qui paralysent les corridors routiers essentiels à l’économie nationale.
Les corridors économiques au point de rupture
Au cœur des discussions figure la dégradation des conditions de circulation sur trois axes vitaux pour l’approvisionnement et les exportations du pays : la route nationale numéro 1 (RN1) reliant Kinshasa au port de Matadi, l’axe Kasumbalesa à la frontière zambienne, et la route reliant Kolwezi au cœur de la province minière du Lualaba.
Les opérateurs économiques pointent du doigt deux problématiques majeures :
- Une fiscalité routière jugée prohibitive : Les tarifs de péage appliqués aux véhicules de transport de marchandises lourdes compromettent la compétitivité des produits locaux et gonflent les coûts de revient des importations.
- Une congestion chronique des réseaux : Les pannes régulières de gros porteurs, combinées à l’étroitesse des infrastructures et au manque de réactivité des services d’entretien, provoquent des blocages d’une ampleur inédite. Sur le tronçon Kinshasa-Matadi, ces ralentissements impactent directement la chaîne logistique de la capitale.
Un ultimatum de dix jours imposé à l’exécutif
Face à ce qu’elle qualifie d’asphyxie économique, la délégation de la FEC a exigé la mise en place d’un mécanisme de régulation transparent et immédiat. Un délai de dix jours a été explicitement formulé à l’attention du ministère des Infrastructures pour présenter un plan d’action concret.
Le secteur privé national attend notamment une révision des grilles tarifaires des péages et le déploiement de brigades d’intervention rapide pour dégager les voies en cas d’incident technique. La résolution de cette crise logistique s’avère déterminante pour stabiliser les prix des biens de première nécessité sur les principaux marchés de consommation du pays.
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