Le nouveau film Predator: Badlands secoue la franchise : l’action est là, mais le chasseur est-il devenu trop… humain ?
Le réalisateur Dan Trachtenberg, après avoir ressuscité la franchise avec l’excellent préquel Prey (2022), revient avec Predator: Badlands (2025), un nouvel opus qui prend la voie de l’audace créative. Le film, sorti en salles en novembre 2025, est un succès commercial, mais il divise profondément les fans, notamment en raison d’un changement de perspective radical : le Predator (ou Yautja) est pour la première fois le protagoniste central.
Le synopsis suit Dek, un jeune Yautja paria de son clan, qui s’allie de manière improbable à Thia, une androïde (jouée par Elle Fanning) issue de la sinistre corporation Weyland-Yutani. Ensemble, ils se lancent dans une quête pour traquer le « Kalisk », une créature mythique et apparemment invincible.
Un Démarrage Violent et une Action Saluée
Dès les premières minutes, Badlands respecte le contrat de la franchise : l’immersion est immédiate et l’action est servie sans retenue. Les scènes de combat sont qualifiées de « super bien faites » avec des chorégraphies épatantes et des effets visuels (CGI) tout à fait corrects. L’univers, qui se déroule sur une planète lointaine et inhospitalière, est riche en nouvelles créatures et en violence caractéristique des Yautchas.
Pourtant, cette richesse, qui déploie un écosystème varié, est aussi un premier point de friction. L’introduction rapide de nouveaux protagonistes humains (ou synthétiques) et de multiples monstres a tendance, au milieu du film, à faire passer le Predator au second plan, diluant l’horreur primitive de la chasse originelle.
L’Androïde au Centre du Récit : Un Déséquilibre ?
La critique la plus récurrente concerne le milieu de l’histoire, où le jeune Predator Dek semble s’effacer au profit de l’androïde Thia. Elle Fanning, dans un double rôle complexe de synthétique, occupe une place prépondérante dans l’intrigue. Pour certains spectateurs, cela brise le ton et dénature l’essence même de la saga, le film se transformant temporairement en une aventure de science-fiction post-humaine, au lieu du thriller de chasse.
Toutefois, le film parvient à rattraper son pari vers la fin, comme le souligne un critique : « Vers la fin, le film se rattrape et remet les choses à leur place (le Yautcha reprend les choses en main) et ça c’est satisfaisant. » La conclusion ramène le focus sur le Predator, assurant un final spectaculaire et musclé.
Le Débat Central : L’Humanisation du Predator
Le point le plus litigieux et qui suscite le plus de débats est l’humanisation du Predator. En faisant du Yautja un protagoniste avec un voyage émotionnel, Dan Trachtenberg explore la vulnérabilité et la quête d’honneur d’une manière jamais vue.
- Le camp des détracteurs exprime une véritable frustration : le Predator, qui a toujours été un chasseur implacable, froid et mystérieux, devient « sentimental ». L’idée d’un Yautja paria qui cherche à faire ses preuves, et l’alliance avec une androïde, est perçue comme une trahison de l’ADN de la créature, la rendant trop « propre » ou « adolescent ».
- Le camp des défenseurs salue cette audace. En faisant de Dek un outsider qui doit prouver sa valeur, le film inverse les rôles et pose la question de ce qu’il y a d’humain dans la quête de survie et d’honneur, même chez une espèce extraterrestre. Cette approche renouvelle intelligemment la franchise, en allant au-delà de la simple confrontation militaire.
Malgré un sentiment de déséquilibre temporaire, le film offre un divertissement audacieux et généreux, qui pose les bases d’une suite prometteuse avec l’arrivée d’un nouveau protagoniste qui pourrait explorer davantage l’univers partagé avec la franchise Alien (via la Weyland-Yutani).
La Note de la Rédaction (Avis Critique Partiel) : 7,9/10 – Un spectacle visuel épatant qui ose défricher de nouveaux territoires, au risque de froisser les puristes.
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